Pour la dernière fois sur ton lit je m'incline,
Ce soir,pour reborder tes draps;
Pour la première fois,ce soir,sur ta poitrine
Je ramène tes petits bras.
La mort a transformé ta chambre en sanctuaire.
Le dernier baiser que j'y mets
Scelle ensemble tes doigts joints pour une prière
Qui ne finira plus jamais.
Comme elle a,ta figure à peine un peu palie,
Un air paisible et rayonnant!
Tu n'était qu'un enfant délicate et jolie:
Te voila belle maintenant.
Le temps n'existe plus pour toi.Ton clair visage
Dit en son immobilité
Qu'au pays ou tu vas les ames n'ont pas d'age.
Ta mort parle d'éternité.
Et j'évoque ces nuits ou,me levant dans l'ombre,
Allant vers toi,sans bruit,pieds nus,
J'ai sur ce meme front mis des baisers sans nombre,
Et que tu n'as jamais connus.
Le grand frisson du sang battait dans mes artères,
Et je te regardais dormir,
Immobile,chechant à sonder les mystères
Que recélait ton avenir.
Et souvant je ne sais quel effroi,quelle envie
D'appeler une aide sur nous,
Quelle angoise devant l'inconnu de la vie
Me faisait tomber à genoux.
Hélas!Je marcherai désormais solitaire.
Si dieu t'a reprise aujourd'hui,
C'est qu'ils sont,les enfants trop purs pour cette terre,
Les premiers qu'il rappelle à Lui.